Logement

La « Fabrique des quartiers » pour permettre aux habitants de s’impliquer dans la vie de leur quartier

La Fabrique des quartiers, c’est l’engagement de construire les projets avec les habitants et les usagers du quartier. Nous considérons lorsqu’un projet voit le jour qu’il faut tout mettre en oeuvre pour que les habitants se l’approprient. C’est une manière très différente de bâtir Toulouse que de lancer des concours avec quelques urbanistes sans associer les habitants. La participation citoyenne est essentielle. Ce ne peut pas être un slogan incantatoire. Des outils accessibles à tous doivent permettre à chacun de s’investir en fonction de sa disponibilité et de ses envies. Une ville qui inspire, c’est une ville qui donne envie à ses habitants de s’investir, de participer.

Pour cela, nous proposons de créer différents dispositifs et lieux :

  • la mise en place dans chaque quartier de « Kiosques des solutions », véritables lieux d’information et de consultation qui permettront de présenter chaque projet urbain et de recueillir l’avis des habitants. Ces espaces seront en lien avec le futur espace de médiation culturelle sur l’urbanisme et l’architecture, rue Croix Baragnon.
  • la création d’appels à projet par quartier pour permettre aux habitants de réinventer et de réinvestir leurs espaces de vie avec des budgets participatifs associés (installation de jeux pour enfants, de bancs, etc). Cela existe pour les quartiers prioritaires, nous le généraliserons à l’ensemble des quartiers.

Inviter les citoyens à cartographier la ville pour recenser et anticiper les besoins (services, commerce, transports...)

Le numérique envahit nos vies. Une ville intelligente (ou smart city) c’est une ville qui utilise le numérique comme outil au profit de l’humain et du progrès. La cartographie participative invite les citoyens à documenter et localiser des informations. Par exemple pour permettre aux personnes en situation de handicap ou des parents avec poussettes de partager en ligne leurs expériences en termes d’accessibilité des lieux. Cela pourrait permettre de recenser les demandes en matière de service et de commerce, les besoins en termes de mobiliers urbains et d’équipement, les logements vides, etc. et de les enrichir en faisant participer les habitants. L’ouverture des données au public pourra permettre le développement d’applications facilitant la vie des habitants.

Éviter les friches et favoriser les initiatives d’urbanisme éphémère

La plupart des projets d’envergures mettent longtemps à sortir avec des zones non utilisées pendant des années (CEAT, Prison St Michel, la Grave…). Pour éviter les friches et expérimenter de nouveaux usages, nous proposons de mettre en place un urbanisme éphémère ou temporaire, pour expérimenter de nouveaux usages : espaces pour les associations, logements temporaires pour les personnes en précarité, programmation culturel éphémère, comme cela a été mis en place pour le projet “les grands voisins” sur le site de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

Respecter l’identité des quartiers

De plus en plus de toulousains nous on dit leur regret et leur colère face à la dégradation de la qualité de vie de leur quartier. Des projets apparaissent sans concertation, les constructions sont de grande hauteur, les nouveaux logements sont construits sans nouveaux services.

Il faut mettre fin au bétonnage sauvage, exiger une qualité architecturale et environnementale, et de vie. Une charte de l’aménagement sera mise en place, présentation des projets aux élus avant le dépôt des permis de construire).

Pour faire face à l’augmentation démographie et éviter l’étalement urbain, une densification des logements est nécessaire, mais à condition que les habitants y gagnent . Des logements de qualité sont nécessaires (aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur), avec des espaces extérieurs ou jardins mutualisés, des espaces verts. Cette densification n’est pas forcément synonyme de hauteur et doit respecter l’identité architecturale du quartier (le quartier des Chalets est par exemple plus dense que celui du Mirail).

Une cadre de vie agréable et une vie de quartier retrouvée

Nous souhaitons reconquérir l’espace public autour des « places publiques vivantes », pensées non plus comme de simples axes de transit mais comme des lieux aux usages multiples : culture, activités sportives, marchés de producteurs locaux, d’artisanat… Nous favoriserons les aménagements éphémères et modulaires, à l’initiative des associations, collectifs, citoyennes.

Les îlots résidentiels pacifiés, présentés dans le plan mobilité, consiste à revoir l’ensemble des flux automobiles pour pacifier des quartiers en reprenant le modèle barcelonais des blocs.

Nous ferons en sorte que tous les toulousains soient à moins de 5 minutes d’un espace vert (cf le Bouclier végétal).

La mutualisation des espaces

La mutualisation des espaces répond aussi à cette nécessité de densifier tout en encourageant les échanges et le lien social. Dans les projets d’habitat participatif, des lieux tels que la laverie, le toit terrasse, les espaces de travails partagés ou encore la chambre d’amis sont mutualisés.

Il faut encourager les construction mixtes, par exemple les bureaux et les logements qui permettent de mutualiser les parkings. Il est aussi nécessaire de repenser la manière d’habiter, en développant des modes de co-habitats collectifs pour les étudiants, les familles, les regroupements intergénérationnels …

Des logements abordables collectifs de qualité et écologiques

Toulouse subit fortement la spéculation immobilière (immobilier considéré comme un produit financier), et ce notamment en raison de l’importances de dispositifs de défiscalisation immobilière. D’autre part, la ville voit naître la construction de projets sans ambition architecturale, avec des problèmes de qualité à la livraison. Dans la métropole toulousaine, 13% des ménages (soit 47 466 ménages) sont en situation de vulnérabilité énergétiques : c’est à dire qu’ils dépensent plus de 8% de leur revenu disponible en factures d’énergie liées à leur logement. Enfin, à Toulouse, 22% des gaz à effet de serre (GES) sont émis par le logement : pour atteindre l’objectif d’une baisse de 50% des GESd’ici 2030, la rénovation énergétique constitue un levier majeur.

Nous mettrons en place d’un plan d’urgence pour intervenir sur les copropriétés dégradées : identification des copropriétés en situation financière fragile, étude de la performance énergétique, avances et tiers financements pour faire réaliser des travaux.

Nous créerons une plateforme unique de rénovation de l’habitat et de l’énergie pour favoriser la rénovation énergétique.

Des « Guichets logement » seront mis en place dans les Kiosques à solutions, afin de pallier les difficultés à s’orienter parmi les différents dispositifs de financement disponibles. Ce guichet sera un lieu de renseignement et d’accompagnement, afin de permettre de préparer son projet de rénovation, bénéficier de conseils d’experts, trouver des informations sur le financement….

Un minimum de 8 conseillers (1 pour 100 000 habitants) – contre 4 actuellement – assureront le fonctionnement cette plateforme, qui devra permettre de faire rénover progressivement 8 000 logements par an en rénovation lourde et 15 000 en rénovation légère.

Nous structurerons et accompagnerons une filière construction de haut niveau en lien avec la recherche, pour développer la construction de bâtiments moins énergivores, voire permettant le stockage de C02 (construction à ossature bois ), et l’utilisation de matériaux de construction écologique (terre crue, bio architecture s’inspirant du bio mimétisme, récupération de matériaux de démolition – comme le recyclage du placo-plâtre). 80% des dépenses énergétiques d’un bâtiment sont liés à sa construction. Ces initiatives pourraient être testées via Toulouse métropole habitat ou auprès de promoteurs via le PLUi-H.

Un permis de louer pour lutter contre les marchands de sommeil et les logements insalubres

Contre le mal logement et l’habitat indigne, nous mettrons en place ce dispositif de la loi ALUR afin d’éviter la mise en location de logements indignes, et de s’assurer que les toulousain-e-s auront accès à des logements conformes aux critères de décence qui permettent de les louer.

Les quartiers toulousains (co-pro et HLM) comme Ancely, Papus, etc, majoritairement composés de propriétaires , sont d’une grande qualité architecturale avec une qualité d’usages, des parcs et jardins. Comment garder ces spécificités en transformant ces ensembles ?

Actuellement on rénove comme à Papus, on encapsule (rénovation thermique – Aide ANAH) . Et c’est tout. Ce schéma très réducteur se reproduit souvent au détriment de singularités architecturales.

Les Grands ensembles devront être en pointe sur les transitions écologiques, énergétiques, démocratiques et sociales. Nous proposons de mettre en place une série d’actions pour rendre exemplaire ces ensembles en matière de transition.

Utilisation des toits pour la production d’énergie.

Revalorisation des espaces verts dans le cadre du bouclier végétal (souvent ces espaces sont délaissés, manquent d’entretien), pour offrir une diversité d’usage (espace de jeux, sport), de l’ombre et de la fraîcheur l’été.

Accompagner les associations dynamiques comme «Partageons les jardins au Mazades »

Favoriser les liens intergénérationnels.

Animer les lieux avec des résidences d’artistes.

Créer des épiceries/restaurants solidaires.

Développer les initiatives comme “Adopte une plante”, jardins partagés aux pieds d’immeuble et la fabrication de composts.

Utiliser les séchoirs collectifs pour créer des ateliers conviviaux.

Mettre en place des Cafés bricoles dans les quartiers comme Belle Paule.

La fabrique des quartiers sera expérimentée en priorité dans ces quartiers.

AGIR sur les logements inoccupés

Nous accompagnerons les propriétaires afin de mettre sur le marché de la location des biens inoccupés et non mis à la location car n’étant pas aux normes. Barcelone a déjà installé un modèle que nous souhaitons reproduire à Toulouse, et selon lequel la collectivité prend en charge la mise aux normes, et perçoit les loyers pour se rembourser de manière transitoire avant que les particuliers ne puissent percevoir le produit de la location de leurs biens.

Le logement, un droit pour tout-e-s

Il faut faire en sorte que tous ceux qui souhaitent habiter à Toulouse puisse le faire afin que Toulouse soit forte de sa diversité (âge comme revenus ou situation familiale) qui est une richesse. La part des dépenses de logement dans le pouvoir d’achat des ménages doit cesser d’augmenter, pour réduire les inégalités.

Nous étendrons le Pass logement aux jeunes travailleurs, avec une caution solidaire pour les jeunes travailleurs et les familles monoparentales.

Nous mettrons en place le Guichet unique logement dans les kiosques aux solutions pour renseigner sur les aides aux logement.

Nous relancerons les Établissements publics fonciers locaux (EPFL) comme outil de pilotage pour éviter la spéculation foncière.

Nous régulerons la location via les plateformes (type Airbnb) en parallèle, pour éviter les externalités négatives de l’encadrement des loyers.

Pour un logement abordable au plus grand nombre

Faire que le logement social, accessible et abordable, ne doit pas nécessairement être synonyme de quartier en zone politique de la ville.

Nous encadrerons les loyers pour enrayer leur hausse, comme cela est rendu possible par la loi.

Nous séparerons la propriété du Foncier de celle du bâti pour les bailleurs sociaux via l’Organisme Foncier Solidaire. L’organisme public reste propriétaire du foncier, le ménage achète le logement pour un coût très inférieur à celui du marché et peut le revendre, mais avec un encadrement du prix de revente.

Nous équilibrerons la part de logement sociaux par quartier et non plus à l’échelle de la ville pour permettre plus de mixité dans chaque quartier. Pour cela, permettre une modularité de la réglementation. Sur tous les nouveaux projets : 1/3 de locatif accessible, 1/3 d’accession accessible, 1/3 privé.

Nous assurerons une mixité dans toute la ville en baissant le seuil d’obligation de logements sociaux dans les petits immeubles (2000m²). Ne pas construire de plus de grands immeubles dans le centre de la ville, repousse de facto aujourd’hui tous les logements sociaux à la périphérie, où les surfaces disponibles sont plus grandes. La majorité municipale actuelle a relevé le seuil que la précédente avait mis en place.

Nous encouragerons la construction de logement social coopératif (Ancely : les mazades construit par des coopératives).

Nous développerons le prêt social d’accession à la propriété.

Nous conditionnerons la vente les logements sociaux à la reconstruction de nouveau logement sociaux pour Toulouse Métropole Habitat.

Développer le logement d’urgence, un devoir de solidarité

Compétence de l’Etat, nous estimons que la ville a son rôle à jouer et un devoir de solidarité.

Nous demanderons au préfet la réquisition des logements vides pour en faire des logements, ce qui permet de densifier la ville sans construire de nouveaux bâtiments tout en faisant baisser la pression immobilière qui empêche les plus démunis de se loger.

Nous ferons revoir la politique de cession des bâtiments de la ville à l’aune des besoins en logement d’urgence.

Nous mettrons en place des logements d’urgence pour les femmes victimes de violence (voir dossier de presse sécurité).

Nous installerons un plan d’accueil d’urgence pour les personnes en situation de précarité.

Nous instituerons, comme à Paris, une nuit des solidarités pour recenser les personnes sans-abri.

L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite

Sur la voie publique, l’accessibilité doit être totale (repères pour malvoyants, pancartes en braille, signalisation sonore) et l’aménagement des rues pensé pour les personnes à mobilité réduite. Pour les nouveaux logements sociaux, l’accessibilité doit être prise en compte à 100%.

Le logement étudiant

Le logement représente la moitié du budget des étudiants selon l’observatoire de la vie étudiante. (OVE). L’académie de Toulouse compte 9 807 logements pour 40 664 étudiants boursiers. Plus de 3 boursiers sur 4 ne sont pas logés. Encore cette année, le loyer moyen pour un 20m² en résidence privée toutes charges comprises à encore pris 2.17% soit 495€ en moyenne. La mairie propose « installe-toit » qui est un prêt a taux 0 sur 2 ans de 500 euros max, mais les banques proposent déjà le double. Nous voulons promouvoir l’’avance LocaPASS (action logement) qui permet l’avance de caution gratuitement.

Quelques propositions pour pallier ces problèmes :

Préempter pour construire : le CROUS est bien trop sous doté et notamment en logement très sociaux. Si les rénovations sont de très bonnes augures, elles s’accompagnent tout le temps d’une hausse assez forte des loyers, laissant de côté les plus précaires.

Développer les projets collaboratifs, type KAPS (colocations à projets solidaires)

Encadrer les loyers : les petites surfaces sont celles subissant le plus l’inflation et la spéculation immobilière.

Augmenter les taxes sur les logements vacants en cas de refus d’intermédiation

Création d’un organisme de contrôle des loyers et mise en place de sanctions financières adossées .

Création d’une convention VISALE-Agence immobilière. La signature d’une convention permettrait de ne pas avoir à demander de garant pour les étudiants et apprenti pour tout loyer maximum de 600€ sans justification.